Ces mots que je suis en train de poser un à un, à l’aide d’un stylographe tenu par une main dans laquelle circule le méridien du Cœur,
n’ont ni le même poids, ni la même profondeur, ni la même saveur que ceux que j’aurais saisi initialement sur un clavier ou à l’aide d’une dictée, au rythme d’une pensée plus rapide, moins posée.
Le poids de mon stylo leste celui de ma réflexion. Il ne me fait pas perdre plus de temps que lorsque je note une idée à la hâte, et que je dois la remodeler ensuite en tous sens afin de réussir à retrouver et exprimer mon idée initiale.
Je présume que ceux qui gravaient leurs pensées sur le marbre ou la terre cuite devaient tourner sept fois leur burin dans leur âme avant d’accoucher de phrases qui, de ce fait, n’ont pas traversé les siècles par hasard.
Que restera-t-il du notre ?