Le vieux Saï a perdu son cheval

C’est une histoire connue en Chine. Dans une modeste cabane perdue dans un endroit isolé du Nord de la Chine vivent le vieux Saï et son fils.

Le vieux Saï n'a pour toute richesse qu'un cheval. Un jour, celui-ci saute hors de son enclos et disparait.
Ses voisins, lui rendant visite, le plaignent et cherchent à le consoler de cette terrible perte. Saï leur répond avec indifférence : "Qui sait si la perte de ce cheval n'est pas une bonne chose ?"
Les voisins ne comprennent pas. Pourtant, quelques jours plus tard, le cheval revient, accompagné d’une dizaine de chevaux sauvages qu’il était allé rejoindre, et qui broutent à présent à proximité de sa maison. Saï et son fils agrandissent l’enclos : le voilà à présent propriétaire d'un petit troupeau !
Cette fois, les voisins félicitent Saï. Mais celui-ci leur répond : "Je ne sais pas si je dois trop me réjouir."
Effectivement, quelques temps plus tard, en essayant de monter l'un des chevaux, le fils de Saï se brise le pied. Il boitera toute sa vie.
Les voisins, ayant appris la nouvelle, viennent à nouveau plaindre le vieux Saï pour la malchance de son fils. Nouvelle réponse sibylline de ce dernier : "Qui sait si c’est vraiment une malchance ?"
Peu de temps après, la province où vit Saï entre en guerre avec la province d’à côté. C'est la mobilisation générale, et tous les jeunes hommes en état de combattre doivent partir au front… à l’exception notable du fils de Saï, que son handicap autorise à rester chez lui.
Ici s’arrête l’histoire, dont on devine qu’elle est sans fin, puisque "le bonheur est source de malheur, et le malheur source de bonheur".

Une histoire sans fin à retenir, peut-être, au lendemain de décisions politiques révoltantes ou d’élections désespérantes.

le vieux sai 2