On dirait l’Angélus de Millet.
Sauf que le tableau est vivant, là, sous mes yeux, et que le soleil descend lentement non sur un champ de blé, mais sur un océan d’or bordant une plage caressée par la marée descendante.
On y trouve aussi le rouge et le noir, respectivement incarnés par les nuages du couchant et les rochers à découvert.
Jonathan le goéland et les oiseaux de Hitchcock sont également là, striant le ciel, semblant engueuler le soleil de les laisser bientôt dans la pénombre.
Au centre du tableau, seule, immobile et recueillie depuis un long moment, une jeune femme.
Elle ne sent pas la vague mourante sur ses pieds. Elle ne voit pas le ciel en feu. Elle n’entend pas le cri des dernières mouettes.
Elle reste là, tête baissée, les yeux rivés sur une sorte de missel.
Peut-être fait-elle partie de ceux qui préfèrent prier le créateur que de contempler son œuvre.
Ah, non. Elle regarde son téléphone portable…
À chacun ses Dieux, ses missels et ses crépuscules.