Yin Yang

Il est quatre heures du matin. Le sommeil m’a quitté. À moins que ce ne soit le contraire.
Je tourne les yeux vers la fenêtre. La lune est là, qui m’observe.

Je l’entends me dire : « Tu ne dors pas ? C’est normal, je suis le reflet de ton cerveau, point blanc dans le ciel qui éclaire les pensées dans la nuit. Je t’adresse ma lueur pour que tu puisses écrire un mot. »
Obéissant, je me lève, prends un papier et note ces lignes.
Un ange passe, avec un peu de sable tombant de ses poches. Mes paupières se referment, se rouvrent avec le soleil.
De l’eau coule sous les ponts. La journée avance, active et occupée comme d’habitude.
Arrive l’heure du midi (un peu passée à l’horloge des hommes, toujours en avance sur leur temps), où une nouvelle envie de fermer les paupières me prend. Je fixe un instant le soleil, comme pour m’excuser de ressentir un coup de mou au moment où lui-même darde généreusement ses rayons.
Et là, j’entends l’astre du jour me dire : « Tu as sommeil ? C’est normal, je suis le reflet de ton cœur, point noir aveuglant ceux qui osent me regarder de face. Accepte un moment l’ombre que je t’offre, tu y trouveras de quoi ressourcer ta lumière intérieure. »
Le temps de mettre un point final à cette histoire et je vous laisse, j’ai une petite sieste à faire.