Même si je ne vais pas jusqu’à croire que l’on vole mon âme lorsqu’on me prend en photo...
...je trouve profondément triste et inquiétant le fait que l’on nous interdise, sur une image censée refléter notre identité, d’exprimer le moindre sourire.
Le visage est la fenêtre des émotions. Dès lors que l’on y appose un masque, ou que l’on nous force à masquer cette fenêtre d’une grimace qui ne reflète pas qui nous sommes, que reste-t-il de notre identité réelle ?
J’éprouve quelque honte à toujours présenter aux frontières un portrait de robot qui fait mécaniquement de moi un suspect en puissance, un triste sire, un corps sans âme. Au moins ce document officiel restitue-t-il une vérité : mon pays ne tient pas à rendre ses citoyens heureux.