Je vois des patients qui, à quarante ans aux prunes,
Se voient déjà trop vieux pour changer quelque chose,
Pour qui le moindre effort, c’est décrocher la lune,
Une âme de vieillard dans un corps encore rose.
Et parfois j’en vois d’autres, quatre-vingt ans aux fraises,
Restés gamins dans l’âme, des projets pleins la tête,
Préférant de loin les baskets aux charentaises,
Même si les rhumatismes gâchent un peu la fête.
J’en tire pour conclusion que l’âme n’a pas d’âge
Et que tout conducteur d’un véhicule humain,
Au lieu de fixer l’œil sur le kilométrage,
Ferait mieux de rester attentif au chemin.