À la base de toute création authentique, il y a l’abstraction de soi.
Le poète laisse parler son âme, le romancier entre dans la peau d’autres personnages, le sage a fait un chemin intérieur qui l’a transporté et lui permet de s’exprimer à distance de lui-même.
Sans abstraction de l’ego, on ne fait que reproduire en pensant créer, régurgiter en croyant assimiler, emprisonner en croyant libérer. C’est ainsi que naissent tant d’opinions et de croyances qui, en se prenant pour des révélations, ouvrent les portes de l’enfer sur terre.
Toute la misère du monde vient de ce que le cerveau se prend pour le cœur, le cœur pour l’âme, l’âme pour le corps, le corps pour soi.
La vraie création est libre, la vraie liberté est désincarnée.