Açores – Bretagne, un 25 juillet d’il y a quelques années. Première nuit de traversée à bord de mon voilier.
Au milieu de la légère brume qui rend l’horizon indistinct de la mer, une lumière jaune apparaît. Un bateau, à une heure.
La lumière se précise. Elle prend la forme d’une voile gonflée par le vent. Un des grands voiliers de la course Douarnenez – Horta, sans doute, dont les premiers concurrents sont arrivés la veille de mon départ.
La voile est lumineuse comme un abat-jour, apparemment éclairée par un projecteur. Comme elle continue de grossir et de grandir tout en conservant le même angle par rapport au bateau, je décide de plagier la lumineuse idée, et m’empare d’une lampe torche pour éclairer mes propres voiles, afin d’être bien vu moi aussi.
Je m’aperçois alors que cette monumentale voile éclairée, toujours en route de collision horizontale, ne l’est plus sur le plan vertical… Elle vient de s’élever, dévoilée par un nuage, et je me sens soudain, et tout à la fois, réjoui et penaud, ma lampe torche à la main, d’éclairer mes voiles pour saluer la lune.
