Des billets et des hommes

La seule présidentielle où je me sois jamais investi politiquement fut celle où s’était présenté Pierre Rabhi, avec un programme joliment utopique intitulé « Pour une insurrection des consciences ».

Lors d’une de nos "soirées de campagne à la campagne", Pierre raconta cet épisode où, finissant de travailler dans les champs avec un paysan voisin, il s’arrêta un moment pour regarder le soleil se coucher sur une colline où se détachait un arbre immense.
Touché par ce tableau magnifique, Pierre avait pointé l’arbre du doigt et simplement dit à son collègue : « Regarde ! »
Et l’autre avait répondu : « Ouah ! Il fait au moins dix stères ! »
Sa petite anecdote était prophétique. Elle annonçait dès le départ que les fruits de cette campagne-là étaient loin d’être encore mûrs. Ils ne le sont toujours pas, et ne sont toujours pas près de l’être. Pas tant que la plupart des humains - aussi étrange et fou que cela puisse paraître. -, lorsqu’ils regardent la terre, l’eau, les arbres, les végétaux, les animaux, la lune ou le soleil, ne voient que de l’argent.