Ses yeux étaient des phares, ses miaulements des cris d’enfant ; les câlins lui étaient plus précieux que la nourriture.
Yoda était devenu la mascotte du Campus, naviguant parmi les étudiants tel un gamin en manque d'amour permanent.
D’autres phares, plus grands que les siens, se sont jetés sur lui.
Il repose dans la même posture et au même endroit que celle qu’il adoptait paresseusement au soleil dans le coin du jardin, sur un petit lit de sauge, sous un peu de gazon, et je continue de lui souhaiter le bonjour chaque matin.
Comment peut-on être aussi petit et prendre autant de place dans les cœurs ?
Peut-être parce que les animaux partagent avec les enfants l’âme pure du monde. Et qu’il faut avoir le cœur totalement desséché par une éducation frelatée, ou anesthésié par un excès de consommation de viande d’élevage intensif, pour rester insensible à l’amour inconditionnel que nous portent ces êtres discrets et innocents qui partagent nos vies.
Merci, Maître Yoda, pour le bonheur simple et précieux que tu as diffusé autour de toi pendant treize ans.
Et vous qui conduisez une voiture, merci de rouler prudemment. Un phare peut en gâcher un autre.