Fenêtres

Trois fenêtres en face de moi.

Celle de mon smartphone, qui me montre, via les réseaux sociaux, une actualité de la rue faite de cris et de flammes.
Celle de mon téléviseur, étrange lucarne où marionnettes en costume et baladins en paillettes se succèdent pour occuper mon temps de cerveau disponible.
La troisième fenêtre est celle de la maison, au travers de laquelle apparaît un monde paisible et inchangeant, mis à part quelques nuages et oiseaux de passages.
Ces trois téléréalités du monde qui m’entoure ne produisent pas en moi les mêmes réactions émotionnelles, ce qui signifie que chacune d’entre elles impressionne mon cerveau d’une manière différente. Je soupçonne en outre cet organe artificiellement intelligent de ne pas savoir toujours faire la différence entre l’illusoire et le réel – si tant est que le réel existe.
A moins qu’un soleil intérieur ne vienne illuminer la matière grise, toutes les fenêtres du monde ne font que l’éblouir.