Ils pourraient, comme cela s’est toujours fait, aller simplement se laver les mains avant de passer à table, mais non.
Alors qu’aucune épidémie ni aucune pandémie n’est en cours, je les vois entrer dans ce restaurant les uns après les autres, appuyer sur le bidon de gel hydroalcoolique – dix bons litres au jugé – et se frotter religieusement les mains avant d’aller prendre place.
Je me surprends à attendre de leur part un signe de croix qui ne vient pas.
C’est visiblement dans les temples de la consommation qu’ont désormais lieu les saints sacrements, et ce gros bidon blanc m’a tout l’air d’être le symbole d’une croyance en la science qui n’est pas pour rien dans l’assèchement chronique des bénitiers de nos églises.