À chaque aube d’une année nouvelle vient le temps des vœux, autrement dit des mantras, des charmes et des sorts, qui révèle qu’en chaque homme est un croyant qui sommeille.
Pleuvent alors les souhaits de bonne année, sous toutes leurs déclinaisons : paix, santé, bonheur, joie, réussite…
Mais avant de pleuvoir, les prières commencent toujours par s’élever. Formulés oralement ou écrits à la main, soit par l’intermédiaire du bourgeon du cœur qu’est la langue ou celui du méridien du cœur, que l’on a, c’est bien connu, sur la main, les vœux ont pour destination première le ciel, supposé faire retomber les prières sur leurs destinataires.
Ceux qui ne prennent pas le ciel à témoin font à minima œuvre de pratique jadis jugée sulfureuse en jetant un sort. On ne dira jamais assez à quel point la vie quotidienne est emprunte d’actes manqués de sorcellerie, chaque fois que l’on porte un toast à quelqu’un ou que l’on trinque à sa santé. Et l’on oublie trop souvent que toutes les sorcières ne crachent pas dans la soupe, et qu’il en existe de bien-aimées et de bien-aimantes.
Que l’on formule ses vœux à la manière d’un prêtre ou d’une sorcière, on reste dans la croyance du fait que, comme disait Victor Hugo, « le mot c’est le verbe, et le verbe, c’est Dieu ». Une partie de nous a beau savoir que l’année à venir a toutes les chances d’être aussi, sinon plus dure à vivre que l’année écoulée, le besoin de conjurer le sort n’en est que plus vivace, l’écho des vœux mutuels venant conforter le sentiment que l’union fait la force.
Au cœur des sorts jetés, celui de la santé. Preuve, s’il en fallait une, que la santé physique a infiniment besoin de la santé morale.
Combien même, en effet, le ciel resterait sourd à nos prières, combien même la magie des sorts n’opérerait-elle pas, reste la ressource insoupçonnée de cette énergie insufflée au mental par les humains entre eux, cette précieuse et fragile égrégore permettant de passer l’hiver et d’attendre ensemble des jours meilleurs.
Et puis enfin, parce que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, il y a les vœux de nouvel an que l’on se fait personnellement, ces vœux souvent pieux que l’on nomme résolutions.
« Aide-toi, le ciel t’aidera », me rappelle mon âme. « Tu veux la santé ? Arrête de fumer, fais davantage d’exercice, couches-toi plus tôt, travailles moins ! » Elle n’a pas tort, notre âme, évidemment. Elle connait le futur. Alors on lui fait des promesses. On SE fait des promesses : « C’est décidé. Cette année, j’arrête, je réduis, je fais… »
Et au pire, je me referai la même promesse l’an prochain.
Bonne année à tous !
Et surtout la santé.